Arménie – Temple de Garni, monastère de Geghard et lac Sevan

par *V* ~ Lundi 29 juillet 2019

Une fois n’est pas coutume, nous avons réservé un taxi pour faire du tourisme à la journée. Nous commençons par emprunter une route dans les collines arméniennes avec une vue brumeuse sur le Mont Ararat.
Nous arrivons rapidement au temple greco-romain de Garni. Le temple est modeste en taille mais le cadre et les gorges autour sont jolies. C’est surtout le seul vestige du pays de ce type, et une petite oasis de verdure au milieu des collines arides.

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Un court trajet nous mène ensuite au touristique monastère de Geghard, niché au fond d’une gorge. La moitié du monument est construite à même la roche, sous la falaise. Le site est vraiment très joli.

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On reprend ensuite la voiture pour rejoindre le lac Sevan, en une heure de route sur une 2×2 voies en bon état (c’est suffisamment rare pour être noté !). Le taxi nous dépose au pied du monastère de Sevanavank. Autrefois situé sur une île, il est à présent accessible à pied suite à la baisse du niveau d’eau du lac (hydroélectricité mise en place à l’époque soviétique).

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L’immense lac aux eaux turquoises est très joli, c’est une véritable mer intérieure, on comprend aisément pourquoi le site est touristique.

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Nous déjeunons d’une sorte de truite au bord du lac puis rentrons à Erevan.

La suite de la journée sera consacrée à l’organisation des prochains jours : on passe à l’office du tourisme prendre des renseignements pour notre bus de demain, puis à la Poste pour envoyer des cartes postales. Nous prenons le temps de bouquiner à l’ombre malgré la chaleur, puis passons à Cascade pour boire une bière, avant de finir la soirée par un bon resto libanais.

Toutes les photos de ce voyage sont dans l’album photos d’Arménie.

Arménie – Erevan

par *V* ~ Dimanche 28 juillet 2019

Suite à notre voyage au Kirghizstan, nous avions une grande envie de retourner sur les routes de la Soie, à l’origine du voyage…

C’est ainsi que nous nous retrouvons une fois de plus à l’aéroport de Lyon Saint Exupéry, un matin de juillet. Avec 3 douaniers pour 4 avions, nous ne sommes pas seuls au départ, et décollons bien en retard. Le vol direct nous amène à Erevan (prononcez Yerevan), capitale de l’Arménie, où nous atterrissons à 19h30.

Après les formalités réglementaires, nous tombons nez à nez avec le bus 201 qui rejoint directement le centre ville à petit prix. La conduite est sportive, dans l’ambiance chaude et ventée (comme souvent le soir à Erevan) d’un soir d’été. On est tout de suite dans le bain. Le chauffeur nous dépose à une station de métro. Le métro nous force à nous confronter à l’alphabet arménien : pas facile ! Mais c’est sans erreur que nous descendons une station plus loin, non sans avoir admiré l’architecture très soviétique du métro.

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Il ne nous reste plus qu’une dizaine de minutes de marche pour rejoindre notre auberge. Nous dinons en compagnie de deux français, dont un qui a déjà parcouru le Kirghizstan à vélo en hiver. Le voyage est lancé :)

Après une bonne nuit réparatrice, nous prenons des forces avec le petit déjeuner arménien : oeufs, viande, riz, melon, concombre… Nous sommes prévenus qu’aujourd’hui est un jour un peu spécial. En effet nous sommes le jour de Vardavar, la fête de l’eau. Tout le monde nous dit de faire attention à nos affaires qui vont être mouillées mais nous ne savons pas encore à quoi nous attendre.

Nous prenons le métro en direction de la place de la République, où quelques personnes ont déjà attaqué la bataille d’eau géante qui va se dérouler toute la journée dans le centre ville.

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Nous visitons ensuite la cathédrale Saint Grégoire, gros bâtiment posé au milieu d’un jardin un peu délabré. Une cérémonie est en cours à l’intérieur, on ne s’attarde pas trop.

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On traverse le marché à touristes Vernissage, puis on revient vers le centre ville où la bataille d’eau s’intensifie. Tous les coups sont permis : seau, bouteille, pistolet, tuyau d’arrosage, voire même lance à incendie des pompiers. L’eau vient de partout : des gens croisés dans la rue bien sûr, mais aussi des balcons, des commerçants farceurs, des voitures, et parfois même des policiers eux-mêmes. On est rapidement trempé et on rigole de bon coeur de cette ambiance très bon enfant, où les adultes s’amusent autant (sinon plus !) que les enfants.

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Nous faisons une pause déjeuner au nord de la ville vers l’escalier de la Cascade. La carte du resto est en anglais avec de nombreuses photos, on a envie de tout goûter, et nous faisons un gros et bon repas pour l’équivalent de 7 euros par personne.

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Nous repartons pour notre balade de l’après-midi : place de l’opéra, place de France, lac des cygnes… Les bâtiments gris et délabrés côtoient quelques bâtiments plus jolis en pierre couleur rosé foncé. La ville n’a pas de charme particulier, mais avec ses grands parcs, ses larges avenues arborées, et les rires du jour, on s’y sent franchement bien.

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Nous retrouvons la place de la République où la fête bat son plein : les gens vident presque la fontaine à force d’y puiser de l’eau dans des larges seaux ! Les rues sont trempées alors qu’il n’a pas du pleuvoir depuis des jours. On se laisse arroser, presque avec plaisir, car la chaleur est torride.

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On change de la monnaie à un taux plus intéressant que celui de l’aéroport, puis on réserve une petite excursion pour demain. Un verre de limonade siroté en terrasse nous permet de nous sécher de notre dixième attaque aquatique de la journée. Nous terminons par des petites courses et c’est ravis mais bien fatigués que nous rentrons à l’auberge à 19h après cette très belle première journée en Arménie.

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Toutes les photos de ce voyage sont dans l’album photos d’Arménie.

Arménie & Géorgie – Introduction

par *V* ~ Samedi 27 juillet 2019

Lorsque nous avons annoncé notre intention de voyager dans le Caucase, en Arménie et en Géorgie, on nous a souvent demandé « mais pourquoi ? ».
Pour remonter le fil de l’histoire, il faut revenir à notre voyage au Kirghizstan en 2014. Là-bas, nous avons voyagé pendant quelques jours avec un couple de baroudeurs canadiens ayant déjà visité la quasi totalité des républiques ex-soviétiques. Selon leurs dires, la Géorgie restait leur plus beau voyage (spoiler : malgré de superbes souvenirs géorgiens, le Kirghizstan reste à ce jour mon plus beau voyage… à chacun de se faire son avis !).
L’idée a donc germé das nos têtes… Après quelques recherches sur Internet, nous nous sommes aperçus que l’Arménie pouvait également avoir un intérêt, surtout culturel, à visiter. Ainsi était né notre nouveau voyage « en pays bizarre » ;) aux portes des anciennes routes de la Soie, de la Perse au Caucase.

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Drapeau arménien


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Drapeau géorgien


Un peu d’histoire-géo :
Avec l’Azerbaïdjan voisin, la Géorgie et l’Arménie forment les trois pays du sud Caucase. Territoire montagneux, à cheval entre Europe et Asie, entre mer Noire et mer Caspienne, la région est bordée par la Russie (au nord), et la Turquie et l’Iran (au sud). Anciennes républiques soviétiques, les relations avec les voisins ne sont pas toujours au beau fixe. L’Arménie est en tensions régulières avec la Turquie mais aussi l’Azerbaïdjan en raison de l’enclave azérie de Nakhitchevan en territoire arménien, alors que le Haut-Karabagh arménien est enclavé en Azerbaïdjan. Quant à la Géorgie, elle entretient des relations délicates avec son voisin russe, principalement sur le sujet des territoires l’Abkhasie et l’Ossétie du Sud : la Russie les reconnait comme indépendants de la Géorgie, alors que le parlement géorgien les déclare territoires géorgiens sous occupation russe. Heureusement pour nous, les relations entre la Géorgie et l’Arménie sont plus pacifiques.

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Population :

Faire l’historique du peuplement de cette région serait bien trop long ! Mais on retiendra que cette partie du monde est à la croisée de multiples cultures très différentes : tantôt Perses, tantôt Européennes, tantôt Russes, et parfois asiatiques. Les deux pays cherchent à se tourner vers l’Europe, mais nous avons trouvé l’influence Perse plus marquée en Arménie que en Géorgie. Quoiqu’il en soit, c’est un gros melting pot qui se retrouve aussi bien dans les visages des habitants, dans l’architecture ou dans la cuisine.
La principale religion de l’Arménie est le christianisme. L’Arménie a sa propre église, l’Eglise apostolique arménienne, dont les fidèles représentent la grande majorité de la population. La Géorgie quant à elle, est à majorité orthodoxe. Les deux pays possèdent un grand nombre de très belles églises, nous aurons l’occasion d’en visiter lors de notre voyage.
Malgré les différents avec les pays voisins, nous n’avons jamais ressenti la moindre tension et avons toujours été accueillis chaleureusement. Les arméniens, notamment, étaient très fiers que des Français n’ayant aucun ancêtre arménien, viennent visiter leur pays. Les Géorgiens ne sont pas très bavards, mais toujours prêts à rendre service. On ne compte plus le nombre de fois où des voitures se sont arrêtées pour nous proposer de nous prendre en stop ou bien les situations où les gens se sont pliés en quatre pour nous aider pour des petits services.

Langues :
Sans surprise, la langue officielle de l’Arménie est l’arménien ; la langue officielle de la Géorgie est le géorgien. En raison de leur passé soviétique, le russe est également un peu parlé dans les deux pays : nous avons ressorti nos souvenirs de russe pour négocier les prix par exemple. L’anglais n’est pas très utilisé, sauf dans quelques zones touristiques. Il faudra donc se débrouiller ! Mais avec un peu de bon sens, un sourire et quelques signes, on arrive toujours à s’en sortir.
Les deux pays possèdent leur propre alphabet : la calligraphie est magnifique mais vraiment difficile à déchiffrer ! Nous n’avons pas fait l’effort d’apprendre l’alphabet arménien. Nous avons tenté d’apprendre l’alphabet géorgien, mais même au bout de 15 jours sur place, nous avions du mal à déchiffrer les panneaux. En comparaison, j’avais trouvé le cyrillique plus facile à apprendre (ce qui est logique puisqu’il comporte un certain nombre de lettres communes avec l’alphabet latin, malgré quelques faux-amis). Cependant, les panneaux sur place sont rarement doublés en cyrillique.

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Alphabet arménien


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Alphabet géorgien


Nourriture :
Détail important pour des gourmands comme nous : on mange très bien en Arménie comme en Géorgie ! La cuisine arménienne est influencée par le Moyen-Orient, la Grèce, le Liban. La cuisine géorgienne est très réputée, avec là encore des influences perses, mais aussi russes, et des régions viticoles renommées. Les légumes frais et goûtus sont abondants, et un bon repas comporte traditionnellement une salade tomates-concombres-coriandre. Cette herbe aromatique est vraiment très utilisée en cuisine. Les repas sont souvent composés de multiples petits plats et salades, on ne sort jamais avec le ventre vide, bien au contraire.
Un des plats les plus populaires, surtout en Géorgie, est le khatchapouri : une pâte à pain aplatie farcie généralement au fromage. On trouve aussi les kinkalis, des raviolis qui se rapprochent un peu des mantys kirghizes. Le vin est une véritable institution géorgienne, mais il faut avouer que dans les modestes demeures, on nous a plus souvent servi de la chacha : un marc de raisin, souvent tord-boyau, que l’on a quand même bu avec le sourire pour faire plaisir à nos hôtes. Attention à vous si on vous sort le pichet dès 16h…

Transports :
Un peu comme lors de notre précédent voyage au Kirghizstan, le moyen privilégié de transport reste la route, en plus ou moins mauvais état. Les transports collectifs, tels que les minibus (marchroutka) et taxis partagés sont nombreux et souvent bon marché. Contrairement au Kirghizstan, l’ensemble est un peu plus organisé, et les marchroutka ont des horaires plus ou moins officiels, encore faut-il les connaître… En se pointant entre 8h et 9h dans les gares routières, on arrive généralement à trouver facilement un départ pour les grandes lignes qui traversent le pays. On trouve de tout comme véhicule, de la vieille Lada au 4×4 rutilant.
La conduite est parfois sportive, et les dépassements peuvent donner quelques sueurs froides aux occidents que nous sommes. Après tout, si la route est assez large pour laisser passer 3 véhicules de front, pourquoi s’embêter à rouler sur 2 files…
A noter que la Géorgie possède une ligne de train souvent empruntée par les touristes pour aller en Svanétie. Malheureusement, tous les billets sont réservés longtemps à l’avance et nous n’avons pas pu la tester.
Les deux capitales, Erevan et Tbilissi, possèdent également un métro qui fonctionne plutôt bien.

Coût de la vie :
La monnaie nationale de l’Arménie est le dram (AMD). La monnaie géorgienne est le lari (GEL). Les taux de change lors de notre voyage étaient les suivants : 1€ pour 500 AMD ou 3 GEL.
Quelques prix typiques :
- un repas dans un restaurant moyen : 2500 AMD, 30 GEL (moins cher si boui-boui ou street food)
- une nuit en guesthouse en demi-pension : 15 000 AMD pour deux personnes, 50 à 80 GEL
- trajet en bus de Erevan à Yeghegnazor : 1200 AMD
- trajet en bus de Erevan à Tbilissi : 7000 AMD
- trajet en taxi de Tbilissi à Mestia : 40 GEL
- trajet en bus de Mestia à Tbilissi : 30 GEL
- trajet en 4×4 de Ushguli à Mestia : 30 GEL
- trajet en 4×4 de Telavi à Omalo (Touchétie) : de 70 à 150 GEL par personne

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Toutes les photos de ce voyage sont dans l’album photos d’Arménie et celui de la Géorgie.

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Résumé des articles :

  • Introduction
  • Arménie – Erevan

Roche Pourrie

par *V* ~ Samedi 29 juin 2019

Date 29 juin 2019
Dénivelé positif 725 mètres
Altitude au sommet 2034 mètres
Durée aller-retour Pas regardé la montre !
Météo Soleil, chaud
Carte IGN 3432 ET Albertville
Accès Depuis Albertville, monter à la cité de Conflans, puis au fort du Mont et se garer au col des Cyclotouristes.


La canicule qui sévit depuis quelques jours n’incite pas à faire une longue journée de sport. Malgré tout, l’envie d’aller randonner en montagne est présente. Un départ à un horaire atypique (18 heures !) et une randonnée assez courte à la Roche Pourrie permettent de se dégourdir les jambes sans cuire pour autant.
Au départ du col des cyclotouristes, je m’aperçois que les chaussures de randonnée sont restées à la maison… Tant pis, une bonne paire de baskets devrait faire l’affaire pour aujourd’hui.

Le sentier commence par emprunter une piste forestière, puis monte plus raide dans la forêt, en coupant les lacets de la piste, et en la reprenant parfois. On parvient ainsi au blockhaus des Têtes, caché dans la forêt. De là, le sentier serpente joliment à l’arrière du bâtiment puis monte droit dans la pente, dans une jolie forêt de plus en plus clairsemée. On arrive ainsi à une très belle clairière, au pied de l’arête de la Roche Pourrie.

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L’arête est assez courte et quelques passages câblés permettent de franchir sans difficultés les quelques ressauts rocheux.

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Juste sous le sommet, on arrive à un court passage plus croulant, d’où tire peut-être son nom de la sommet de la Roche Pourrie.

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A 20 heures j’atteins le sommet, en étant toute seule. De toute manière je n’ai croisé personne depuis le début, à part quelques randonneurs tardifs au parking. Tranquillité assurée, avec une jolie vue sur le Mont Blanc, et la longue crête qui mène au Mont Mirantin et au vaste cirque de la Pointe de la Grande Journée.

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En temps normal, la vue à 360° doit être superbe. Mais aujourd’hui la brume de chaleur est tellement présente qu’on aperçoit à peine le massif voisin des Aravis.

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Je redescends par un petit sentier en lacets qui bascule sur le versant nord-ouest de l’arête, au milieu des myrtilliers et rhododendrons. Près du chalet du Haut du Pré, je loupe le sentier qui aurait pu me permettre de redescendre tout droit. Ce n’est pas grave, je prends l’option piste forestière, plus longue mais sans doute plus sûre car le jour commence à tomber et la lumière à manquer.

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J’arrive à la voiture juste avant la nuit, un peu rafraîchie par cette sortie en altitude.

Bishorn

par *V* ~ Dimanche 23 juin 2019

Date 22 et 23 juin 2019
Cotation F
Altitude au sommet 4153 mètres
Dénivelé positif 1er jour : 1600 mètres
2ème jour : 900 mètres
Durée aller-retour 1er jour : 4h
2ème jour : 3h15 du refuge au sommet, 9h en tout.
Carte Carte suisse, à trouver...
Topo Lien vers Camptocamp
Météo 1er jour : brouillard
2ème jour : tempête de ciel bleu, assez chaud.
Accès Depuis la France (Chamonix par exemple), rejoindre Martigny, prendre la route du Valais et monter au village de Zinal. Se garer sur la gauche du village, un peu avant le grand parking du fond.


Nos vacances en Valais l’été dernier nous avaient donné envie de revenir avec les crampons. Et comme l’an dernier à la même époque, c’est en famille que nous passerons le week-end encordés. Il y a l’embarras du choix pour faire de l’alpinisme facile à Valais. Nous optons pour le Bishorn, un « 4000 » facile.

La météo de ce week-end annonce un ciel très maussade samedi et un dimanche « moyen » (qui sera finalement sans nuages !). Nous partons donc sans trop d’attente de Zinal, après une longue route depuis la France. La montée est bien raide, d’abord en forêt de plus en plus clairsemée, puis à travers un astucieux chemin franchissant une falaise. On arrive ensuite sur un vaste cirque moins raide et plus minéral.

A la pause pique-nique, au milieu du brouillard, nous tombons sur des copains stéphanois. Presque la même scène que l’an dernier, avec (presque) les mêmes personnes ! Décidément le monde de la montagne est petit.

photo montagne alpes alpinisme suisse valais zinal tracuit bishorn



Nous pensions trouver de la neige bas, mais finalement seuls les derniers mètres sont vraiment enneigés. Les névés présents vers 2500 mètres ne sont pas gênants, et seuls les derniers mètres sont vraiment enneigés. Après 4h d’efforts, nous atteignons la cabane de Tracuit, refuge futuriste au pied du glacier à 3256 mètres d’altitude. La vue est assez bouchée, une fine averse de neige commence à tomber, bref on est moyennement optimistes pour le lendemain.

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Le refuge est bien plein, plus d’une centaine de personnes, presque tous candidats pour le Bishorn. En raison du monde et de la chaleur annoncée pour le lendemain, la gardienne accepte d’avancer le réveil à 4h au lieu de 5. Tant mieux pour nous, qui préférons les réveils matinaux.

La nuit est bonne malgré l’altitude, mais nous sommes réveillés 45 minutes par des boulets. Un vrai record. Tout ça pour :
1) brasser dans leur sac pendant 40 minutes dans le dortoir en faisant un boucan d’enfer avec les cintres
2) arriver 5 minutes avant tout le monde au petit-déjeuner, ce qui était inutile car la porte de la salle commune était fermée à clé
3) partir du refuge après tout monde…
Heureusement qu’on a de l’humour, ça nous aura fait rigoler (après coup, car sur le coup j’aurais préféré dormir 45 minutes de plus).

Ca bouchonne un peu à la sortie du refuge mais nous sommes parmi les premiers à partir, alors que le jour se lève à peine. Le ciel est complètement dégagé, une magnifique journée s’annonce ! J’adore cette ambiance nocturne, mais elle est de courte durée car le soleil pointe rapidement son nez.

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C’est le week-end d’ouverture du refuge mais la trace est déjà digne d’une autoroute ! Mais en partant devant, on a l’impression d’être assez tranquilles. On traverse assez largement le bas du glacier, puis on remonte par sa rive droite. La montée est jolie mais plutôt monotone : une succession de bosses, où l’on voit le sommet qui nous nargue depuis le refuge.

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Vers 3600 mètres, comme souvent, l’altitude me bloque. En quelques minutes, je passe d’un état « en forme » à un état « la tête dans un étau, je vais mourir ». Pas de panique, je sais que ça va passer si je reste raisonnable et humble. Etant première de cordée, j’en profite pour ralentir le rythme, inspirer profondément, bien expirer en deux temps pour bien vider les poumons comme j’ai l’habitude de le faire en course à pied, et surtout beaucoup boire. Ces efforts payent car le mal de tête passe en 15 minutes. Je retrouve mon énergie et ma bonne humeur.
Malgré tout je préfère ne pas forcer, et je conserve mon rythme lent. Il n’y a pas de raison de se presser exagérément, car le beau temps se maintient et nous sommes à présent la première cordée d’une longue procession partie du refuge. Seule une cordée de trois espagnols insiste pour nous doubler, mais finalement restent à 50 cm devant nous car ils sont cuits.

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Sous le sommet, une dernière pente un peu raide sur un gros champignon de neige nous oblige à passer un par un car la glace est déjà presque visible.

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Puis à 9h nous débouchons enfin au sommet du Bishorn, à 4153 mètres d’altitude ! Nous sommes seuls pendant quelques instants, un vrai privilège. Tout autour de nous, les hauts sommets enneigés nous entourent. La vue sur le Weisshorn et les 4000 du Valais est superbe.

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Le petit vent au sommet ne nous incite pas à traîner plus longtemps. On redescend la petite pente sommitale en marche arrière, on croise les copains stéphanois qui arrivent, puis on attaque la descente. C’est là qu’on se rend compte de la foule qui était derrière nous ! En étant devant, on avait l’impression d’être presque seuls, tant mieux, car je n’aurais pas aimé faire l’ascension au milieu de 100 autres personnes.

Le début de la descente dans la neige est un vrai régal, on fonce droit dans la pente sans effort. En revanche la fin du glacier, plate, sous la chaleur et avec une neige portant de manière très irrégulière, est une vraie purge épuisante !

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Nous retrouvons le refuge vers 11h, en pleine chaleur. On fait une bonne pause pour nous restaurer et quitter le matériel. On en profite pour admirer la vue que nous n’avons pas pu apprécier hier dans le brouillard : la fine silouhette du Zinalrothorn, la belle pyramide de la Dent Blanche, et le magnifique panorama depuis le réfectoire de la cabane de Tracuit.

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On croise un peu de tout comme public sur cette course : un gars qui fume son joint à 5h du matin avant d’attaquer, quelques personnes expérimentées parties tôt devant nous, les espagnols au rythme irrégulier, un gars tout seul en raquette visiblement très fatigué et sans matériel qui finira par faire demi-tour, des cordées qui avancent très très doucement (pourtant on n’est pas des rapides !). Bref je ne suis pas sûre que l’ambiance « 4000 » soit vraiment mon truc. Mais c’était quand même une belle expérience.

Il ne reste plus qu’à affronter les 1600 mètres de descente bien raide sous une chaleur de plus en plus écrasante, puis déguster une boisson fraîche houblonnée bien méritée à Zinal.

Toutes les photos de cette belle sortie sont dans l’album photos du Bishorn.