Archives de la Catégorie 'Montagne'

Dent de Cons

par *V* ~ Dimanche 15 septembre 2019

Date 15 septembre 2019
Dénivelé positif 880 mètres
Altitude au sommet 2063 mètres
Durée aller-retour 4h
Météo Soleil
Carte IGN 3531 OT Megève - Col des Aravis
Accès Depuis Albertville prendre la direction d'Ugine. Monter au village de Marthod puis traverser plusieurs hameaux jusqu'au parking final des Rafforts.


Ce week-end, c’est rando « au fond du jardin », la Dent de Cons (prononcez Consssss bien sûr… sinon c’est con;)).
Au départ du parking des Rafforts, nous attaquons assez rapidement la montée du Creux du Cayon. Ca grimpe raide et efficace, surveillés par le Charvin et bientôt le Mont Blanc derrière nous. Il ne nous faut qu’une petite heure pour atteindre le col de la Sellive, 550 m plus haut que notre départ.

photo montagne alpes randonnée rando savoie albertville bauges dent cons

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A partir de là, la rando devient plus aérienne. On serpente dans une pente bien raide, sans difficulté par temps sec comme aujourd’hui, mais je n’aimerais pas trainer là-dedans lorsque les herbes sont mouillées. On atteint ensuite la très jolie arête de la Dent de Cons, aérienne mais sans difficultés particulières sur cette portion. A cette altitude, les couleurs automnales commencent déjà à se faire voir.

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Quelques passages un peu plus larges sur la crête seraient propices à un joli bivouac suspendu. Mais il est bien trop tôt pour cela. On atteint facilement le sommet de la Dent de Cons, un des 14 « 2000 des Bauges, en compagnie de l’unique randonneur croisé depuis ce matin. Quelle tranquillité !

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On profite d’un beau panorama sur le massif du Mont Blanc (bien gris en cette fin d’été), le Beaufortain, la Vanoise, la Lauzière, les Aravis avec même un petit bout du lac d’Annecy, et bien sûr la longue crête qui relie la Dent de Cons à la Belle Etoile.

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On redescend par la crête du Rocher Prani, toujours un peu aérienne, puis une traversée presque plate et longuette jusqu’aux chalets de l’Alpettaz.

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De là, on retrouve la piste bien connue qui permet de rejoindre le fort de la Batterie (non visité ce jour, mais on connait déjà :)), jusqu’à notre point de départ. Voilà une bien jolie boucle aérienne à proximité de la maison !

Quelques photos en plus de cette sympathique boucle sont dans l’album photos de la Dent de Cons.

Arêtes des Dents du Loup

par *V* ~ Samedi 31 août 2019

Date 31 août 2019
Cotation AD / II / 4b
Altitude maxi 2375 mètres
Dénivelé positif Approche : 900 mètres
Voie : 200 mètres
Durée aller-retour Approche : 1h45
Voie : 3h
Carte IGN 3335 OT Grenoble - Chamrousse - Belledonne
Topo Lien vers Camptocamp
Météo Soleil
Accès Depuis la vallée du Grésivaudan, passer par Domène, Revel, Freydières, puis remonter la route forestière jusqu'au parking de Pré Raymond


Une fois n’est pas coutume, nous allons tester si les massifs grenoblois sont aussi beaux que les savoyards. La météo annonce des orages pour l’après-midi, le réveil sonne donc à 4h30 et nous quittons la maison à 5h. Nous retrouvons en cours de route Cédric, guide et cousin, pour une journée de grimpe en famille.

Nous partons du parking à 6h30, alors que le soleil n’est pas encore levé. C’est que les jours raccourcissent déjà vite à cette saison. La montée raide nous échauffe, puis les lacets sous le lac du Crozet nous permettent d’admirer les premiers rayons sur la Chartreuse.

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On arrive rapidement au lac du Crozet, et on bifurque vers la gauche pour prendre un petit sentier plus sauvage. On marche au milieu des myrtilles, c’est la pleine saison ! Nous voyons bien les Dents du Loup dont nous allons parcourir les arêtes.

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On garde un bon rythme et il ne nous faut que 1h45 pour monter les 900 mètres de dénivelé jusqu’au pied de la face en papotant. Les bouquetins nous montrent le chemin à suivre. 15 minutes pour s’équiper et c’est parti !
Nous nous encordons tandis que Cédric grimpe à côté de nous, en libre, pour nous surveiller et nous donner de bons conseils.

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Je démarre en second puis prend la tête de cordée pour la fin de la montée de la première dent qui me fait un peu couiner entre 2 coinceurs à poser. On atteint ensuite l’arête assez aérienne où il faut parfois se dresser sur le fil.

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Après un rappel un peu compliqué à négocier, on attaque la jolie montée de la deuxième dent, et une arête courte, facile et très jolie (mains sur le fil, pied sur de bonnes vires).

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Encore un rappel puis Cédric reprend la tête pour attaquer la 3ème Dent. C’est plus vertical, difficilement protégeable et le rocher n’est pas terrible. Mais finalement on trouve de bons gradins dans la moitié gauche de la face et on grimpe avec plaisir.

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Après quelques mètres sur l’arête on trouve le 3ème et dernier rappel qui nous amène à un petit collet.

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De là, on rebascule facilement sur le lac du Loup et on retrouve un bon sentier.

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Après un petit pique-nique, il ne reste plus qu’à descendre sur le bon sentier, non sans croiser de très nombreuses familles montant au lac du Crozet.
C’était une belle sortie pour s’entrainer à ce genre de terrain varié (longueurs, arête, désescalade, rappels), mais presque trop courte !

Pic de Jallouvre – Arête des Bouquetins

par *V* ~ Dimanche 25 août 2019

Date 25 août 2019
Cotation PD / I / 3b
Altitude au sommet 2408 mètres
Dénivelé positif Approche : 400 mètres
Voie : 400 mètres
Durée aller-retour Approche : 45 minutes
Voie : 4h
Descente : 1h45
Total pauses comprises : 7h30
Carte IGN 3430 ET La Clusaz - Grand Bornand
Topo Lien vers Camptocamp
Météo Grand soleil
Accès Départ du col de la Colombière

La tradition commençant à partir deux fois, le dernier week-end d’août est désormais le RDV de la traditionnelle course d’arête dans les Aravis. L’arêtanniversaire, puisque c’est son nom, consiste donc à me faire lever à une heure indécente le week-end de mon anniversaire (c’est à dire : avant 10h du matin), pour aller grimper une arête qui me trotte dans la tête depuis longtemps.

Cette année, ce sera donc l’arête des Bouquetins, qui nous faisait de l’oeil depuis que nous avions parcouru la voie des Cristaux en 2013. N’ayant que très peu d’expérience à l’époque nous n’avions fait que la voie des cristaux, mais cette voie et l’arête des bouquetins peuvent très bien s’enchaîner à la journée pour une cordée plus rapide.

Au départ du col de la Colombière, on monte efficacement jusqu’à la rampe de sortie de la via ferrata du pic de Jallouvre
On remonte les câbles de la via, on serpente entre quelques rochers, puis on attaque par une dalle (le crux de la voie est peut-être d’arriver à se motiver pour faire de la dalle en grosses après des mois sans escalade !).

photo montagne alpes escalade grande voie aravis pic jallouvre arete bouquetins



Ensuite on enchaîne les passages de grimpe assez variés : des ressauts faciles à passer, quelques cheminées un peu renfougne, un peu de marche sur l’herbe entre les sections de grimpe. Alors que je m’engage dans une petite cheminée, je vois une énorme pierre arriver au-dessus de moi. Je me jette sur la gauche de la cheminée, en priant pour que la pierre touche la falaise avant ma tête et se fracture en petits morceaux. Pas de bol, elle me file droit dessus, mais choisi le chemin de droite. Je l’entends bien siffler à mon oreille et tomber plus bas, j’attends quelques secondes… Ouf tout va bien, à part mon rythme cardiaque qui a du doubler sous l’effet du stress ! Conclusion : toujours se dire que quand il y a un pierrier au pied d’une cheminée, les pierres en question ne sont pas arrivées là par hasard même si le rocher paraît sain !

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L’arête en elle-même est finalement assez courte (grosso modo : 1/3 de la course), dommage, moi qui m’attendait à une vraie course d’arête tout du long. Mais cette arête est trop jolie, gazeuse sans être trop impressionnante, facile (plutôt de la rando avec les mains que de l’escalade), très facile à protéger avec ses nombreux becquets. On pose quelques coinceurs pour s’amuser (les enlever quand ils sont bien coincés est nettement moins amusant).
En plus, on a des spectateurs avec les randonneurs qui sont montés au Pic de Jallouvre. Il fait très beau, on prend notre temps de savourer cet endroit très photogénique, ainsi que la belle vue sur les Aravis et le Mont Blanc.

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Au sommet on savoure encore la vue sur toute la Haute-Savoie : Aravis, Léman, Mont Blanc, massifs suisses… La vue porte loin. Quel changement par rapport à la Touchétie où nous étions il y a seulement une semaine ! Ce sont toujours des montagnes, mais la densité de population n’est pas la même !

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Une fois arrivé au sommet du Jallouvre, la journée n’est pas terminée ! Il faut d’abord redescendre une portion un peu casse pattes, contourner le pic en face nord-ouest par une jolie vire, puis traverser l’arête du col du rasoir qui porte délicieusement bien son nom !
La partie la plus pénible commence alors : descendre le col du rasoir, un vaste pierrier croulant où le chemin n’existe guère. Finalement, ça passe plus facilement que prévu. On commence par longer la falaise le plus longtemps possible en suivant une vague sente, sans se laisser tenter par les dalles sous nos pieds (tentantes car moins raides mais visiblement très glissantes car recouvertes de petits cailloux qui glissent… on a vu des randonneurs qui semblaient bien mal à l’aise dedans). Attention aux randonneurs en dessous, il faut essayer de se décaler pour ne pas faire tomber les pierres sur les voisins…
Ensuite il ne reste plus qu’à tracer « droit dedans », mais finalement le pierrier se prête assez bien à la descente en ramasse, et ça descend vite et sans effort ! Au pied du pierrier, on retrouve le bon sentier que l’on a emprunté à l’aller, et qui nous ramène sans autre aventures à la voiture.

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Le meilleur moment de la journée peut alors commencer : enlever les grosses, et refaire le plein de calories avec une bonne coupe de glace au Grand Bornand.

C’est la première fois qu’on fait une voie où il faut autant se protéger soi-même, c’était assez ludique, et le rocher s’y prête très bien : on trouve toujours de quoi mettre une sangle, et les nombreuses fissures permettent d’utiliser à peu près toutes les tailles de coinceurs. Du coup, malgré la facilité de la voie, on a posé régulièrement des protections, ce qui explique sans doute l’horaire très long. Peu importe car l’objectif du jour n’était pas d’aller vite, mais plutôt de s’entraîner sur ce type de terrain. En ce sens, la journée est réussie, on estime ne pas avoir fait trop de bêtises !

On s’attendait à avoir moins de spits. Finalement, la grande majorité des pas un peu « durs » sont protégés. D’ailleurs, les spits ne passent pas toujours par l’itinéraire le plus facile. Au final on a utilisé que 2 spits. Le reste du temps, on a essayé de protéger en utilisant le rocher (c’était parfois faisable à quelques cm du spit en question), ou en prenant une variante plus facile que l’itinéraire suggéré par le spit. On a tout fait en corde tendue, en s’arrêtant parfois pour que le second « ravitaille » le premier en matériel, ou pour improviser un mini relai au-dessus des quelques passages clés.

Au final on n’a pas vu de bouquetins dans le voie (juste une famille dans la descente du col du Rasoir). Le nom de la voie est une publicité mensongère ! En revanche, un très beau couple de gypaètes nous a longtemps tourné autour, presque frôlé, des instants magiques ! Les parapentistes étaient nombreux également à nous frôler, tellement près qu’on entendait distinctement le bipbip du variomètre. Bref, ce n’était pas l’arête des Bouquetins, mais plutôt l’arête des oiseaux en tous genre ! Dommage qu’un oiseau bruyant appelé Drône ait gâché le calme…

Toutes les photos de cette belle journée sont dans l’album photos de l’arête des bouquetins.

Roche Pourrie

par *V* ~ Samedi 29 juin 2019

Date 29 juin 2019
Dénivelé positif 725 mètres
Altitude au sommet 2034 mètres
Durée aller-retour Pas regardé la montre !
Météo Soleil, chaud
Carte IGN 3432 ET Albertville
Accès Depuis Albertville, monter à la cité de Conflans, puis au fort du Mont et se garer au col des Cyclotouristes.


La canicule qui sévit depuis quelques jours n’incite pas à faire une longue journée de sport. Malgré tout, l’envie d’aller randonner en montagne est présente. Un départ à un horaire atypique (18 heures !) et une randonnée assez courte à la Roche Pourrie permettent de se dégourdir les jambes sans cuire pour autant.
Au départ du col des cyclotouristes, je m’aperçois que les chaussures de randonnée sont restées à la maison… Tant pis, une bonne paire de baskets devrait faire l’affaire pour aujourd’hui.

Le sentier commence par emprunter une piste forestière, puis monte plus raide dans la forêt, en coupant les lacets de la piste, et en la reprenant parfois. On parvient ainsi au blockhaus des Têtes, caché dans la forêt. De là, le sentier serpente joliment à l’arrière du bâtiment puis monte droit dans la pente, dans une jolie forêt de plus en plus clairsemée. On arrive ainsi à une très belle clairière, au pied de l’arête de la Roche Pourrie.

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L’arête est assez courte et quelques passages câblés permettent de franchir sans difficultés les quelques ressauts rocheux.

photo montagne alpes randonnée rando savoie albertville beaufortain roche pourrie

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Juste sous le sommet, on arrive à un court passage plus croulant, d’où tire peut-être son nom de la sommet de la Roche Pourrie.

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A 20 heures j’atteins le sommet, en étant toute seule. De toute manière je n’ai croisé personne depuis le début, à part quelques randonneurs tardifs au parking. Tranquillité assurée, avec une jolie vue sur le Mont Blanc, et la longue crête qui mène au Mont Mirantin et au vaste cirque de la Pointe de la Grande Journée.

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En temps normal, la vue à 360° doit être superbe. Mais aujourd’hui la brume de chaleur est tellement présente qu’on aperçoit à peine le massif voisin des Aravis.

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Je redescends par un petit sentier en lacets qui bascule sur le versant nord-ouest de l’arête, au milieu des myrtilliers et rhododendrons. Près du chalet du Haut du Pré, je loupe le sentier qui aurait pu me permettre de redescendre tout droit. Ce n’est pas grave, je prends l’option piste forestière, plus longue mais sans doute plus sûre car le jour commence à tomber et la lumière à manquer.

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J’arrive à la voiture juste avant la nuit, un peu rafraîchie par cette sortie en altitude.

Bishorn

par *V* ~ Dimanche 23 juin 2019

Date 22 et 23 juin 2019
Cotation F
Altitude au sommet 4153 mètres
Dénivelé positif 1er jour : 1600 mètres
2ème jour : 900 mètres
Durée aller-retour 1er jour : 4h
2ème jour : 3h15 du refuge au sommet, 9h en tout.
Carte Carte suisse, à trouver...
Topo Lien vers Camptocamp
Météo 1er jour : brouillard
2ème jour : tempête de ciel bleu, assez chaud.
Accès Depuis la France (Chamonix par exemple), rejoindre Martigny, prendre la route du Valais et monter au village de Zinal. Se garer sur la gauche du village, un peu avant le grand parking du fond.


Nos vacances en Valais l’été dernier nous avaient donné envie de revenir avec les crampons. Et comme l’an dernier à la même époque, c’est en famille que nous passerons le week-end encordés. Il y a l’embarras du choix pour faire de l’alpinisme facile à Valais. Nous optons pour le Bishorn, un « 4000 » facile.

La météo de ce week-end annonce un ciel très maussade samedi et un dimanche « moyen » (qui sera finalement sans nuages !). Nous partons donc sans trop d’attente de Zinal, après une longue route depuis la France. La montée est bien raide, d’abord en forêt de plus en plus clairsemée, puis à travers un astucieux chemin franchissant une falaise. On arrive ensuite sur un vaste cirque moins raide et plus minéral.

A la pause pique-nique, au milieu du brouillard, nous tombons sur des copains stéphanois. Presque la même scène que l’an dernier, avec (presque) les mêmes personnes ! Décidément le monde de la montagne est petit.

photo montagne alpes alpinisme suisse valais zinal tracuit bishorn



Nous pensions trouver de la neige bas, mais finalement seuls les derniers mètres sont vraiment enneigés. Les névés présents vers 2500 mètres ne sont pas gênants, et seuls les derniers mètres sont vraiment enneigés. Après 4h d’efforts, nous atteignons la cabane de Tracuit, refuge futuriste au pied du glacier à 3256 mètres d’altitude. La vue est assez bouchée, une fine averse de neige commence à tomber, bref on est moyennement optimistes pour le lendemain.

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Le refuge est bien plein, plus d’une centaine de personnes, presque tous candidats pour le Bishorn. En raison du monde et de la chaleur annoncée pour le lendemain, la gardienne accepte d’avancer le réveil à 4h au lieu de 5. Tant mieux pour nous, qui préférons les réveils matinaux.

La nuit est bonne malgré l’altitude, mais nous sommes réveillés 45 minutes par des boulets. Un vrai record. Tout ça pour :
1) brasser dans leur sac pendant 40 minutes dans le dortoir en faisant un boucan d’enfer avec les cintres
2) arriver 5 minutes avant tout le monde au petit-déjeuner, ce qui était inutile car la porte de la salle commune était fermée à clé
3) partir du refuge après tout monde…
Heureusement qu’on a de l’humour, ça nous aura fait rigoler (après coup, car sur le coup j’aurais préféré dormir 45 minutes de plus).

Ca bouchonne un peu à la sortie du refuge mais nous sommes parmi les premiers à partir, alors que le jour se lève à peine. Le ciel est complètement dégagé, une magnifique journée s’annonce ! J’adore cette ambiance nocturne, mais elle est de courte durée car le soleil pointe rapidement son nez.

photo montagne alpes alpinisme suisse valais zinal tracuit bishorn

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C’est le week-end d’ouverture du refuge mais la trace est déjà digne d’une autoroute ! Mais en partant devant, on a l’impression d’être assez tranquilles. On traverse assez largement le bas du glacier, puis on remonte par sa rive droite. La montée est jolie mais plutôt monotone : une succession de bosses, où l’on voit le sommet qui nous nargue depuis le refuge.

photo montagne alpes alpinisme suisse valais zinal tracuit bishorn

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Vers 3600 mètres, comme souvent, l’altitude me bloque. En quelques minutes, je passe d’un état « en forme » à un état « la tête dans un étau, je vais mourir ». Pas de panique, je sais que ça va passer si je reste raisonnable et humble. Etant première de cordée, j’en profite pour ralentir le rythme, inspirer profondément, bien expirer en deux temps pour bien vider les poumons comme j’ai l’habitude de le faire en course à pied, et surtout beaucoup boire. Ces efforts payent car le mal de tête passe en 15 minutes. Je retrouve mon énergie et ma bonne humeur.
Malgré tout je préfère ne pas forcer, et je conserve mon rythme lent. Il n’y a pas de raison de se presser exagérément, car le beau temps se maintient et nous sommes à présent la première cordée d’une longue procession partie du refuge. Seule une cordée de trois espagnols insiste pour nous doubler, mais finalement restent à 50 cm devant nous car ils sont cuits.

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Sous le sommet, une dernière pente un peu raide sur un gros champignon de neige nous oblige à passer un par un car la glace est déjà presque visible.

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Puis à 9h nous débouchons enfin au sommet du Bishorn, à 4153 mètres d’altitude ! Nous sommes seuls pendant quelques instants, un vrai privilège. Tout autour de nous, les hauts sommets enneigés nous entourent. La vue sur le Weisshorn et les 4000 du Valais est superbe.

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Le petit vent au sommet ne nous incite pas à traîner plus longtemps. On redescend la petite pente sommitale en marche arrière, on croise les copains stéphanois qui arrivent, puis on attaque la descente. C’est là qu’on se rend compte de la foule qui était derrière nous ! En étant devant, on avait l’impression d’être presque seuls, tant mieux, car je n’aurais pas aimé faire l’ascension au milieu de 100 autres personnes.

Le début de la descente dans la neige est un vrai régal, on fonce droit dans la pente sans effort. En revanche la fin du glacier, plate, sous la chaleur et avec une neige portant de manière très irrégulière, est une vraie purge épuisante !

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Nous retrouvons le refuge vers 11h, en pleine chaleur. On fait une bonne pause pour nous restaurer et quitter le matériel. On en profite pour admirer la vue que nous n’avons pas pu apprécier hier dans le brouillard : la fine silouhette du Zinalrothorn, la belle pyramide de la Dent Blanche, et le magnifique panorama depuis le réfectoire de la cabane de Tracuit.

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On croise un peu de tout comme public sur cette course : un gars qui fume son joint à 5h du matin avant d’attaquer, quelques personnes expérimentées parties tôt devant nous, les espagnols au rythme irrégulier, un gars tout seul en raquette visiblement très fatigué et sans matériel qui finira par faire demi-tour, des cordées qui avancent très très doucement (pourtant on n’est pas des rapides !). Bref je ne suis pas sûre que l’ambiance « 4000 » soit vraiment mon truc. Mais c’était quand même une belle expérience.

Il ne reste plus qu’à affronter les 1600 mètres de descente bien raide sous une chaleur de plus en plus écrasante, puis déguster une boisson fraîche houblonnée bien méritée à Zinal.

Toutes les photos de cette belle sortie sont dans l’album photos du Bishorn.