Japon : Matsushima

par *V* ~ Dimanche 19 avril 2009

Les choses touristiques sérieuses commencent ! Ce matin, je prends le train direction Matsushima, à une trentaine de minutes de Sendai. Matsushima est réputé comme étant l’un des « Nihon Sankei », les trois plus beaux paysages du Japon. Il s’agit d’un archipel de 250 îles, disséminées dans une baie, couvertes de pins et de formations rocheuses creusées par les vagues (c’était le quart d’heure culturo-géographique du Lonely Planet).

C’est également l’occasion pour moi de découvrir l’Océan Pacifique. Ce dernier point faisait d’ailleurs partie de ma « To Do List » des choses à faire une fois dans ma vie. Je ne pensais pas voir cet océan un jour, en tout cas pas de ce côté, car à la base il faut avouer je suis plutôt attirée par l’Amérique latine ou la Nouvelle-Zélande que par le Japon… Mais voilà c’est fait, une chose rayée sur cette fameuse liste… Même cet océan ressemble désespérément à n’importe quel autre océan ou mer du globe ;-)

Bref, arrivée à Matsushima, je suis la foule et me dirige vers le quai. Un joli parc est situé en face de la gare, un grand et beau cerisier est encore en fleur, c’est l’occasion de faire quelques clichés.

Cliquez sur les photos pour les agrandirjapon matsushima cerisier fleurs sakura cherry blossoms

japon matsushima cerisier fleurs sakura cherry blossoms

Je remonte le long du quai jusqu’au Godai-do, un joli temple construit sur une petite île. L’intérieur est fermé (il n’ouvre qu’une fois toutes les 33 ans, la dernière ouverture était en 2006), mais l’extérieur est joliment sculpté et la vue sur la baie est belle.

japon matsushima Godai-do

japon matsushima Godai-do

En continuant à remonter la baie, j’arrive au niveau de l’île de Fukuura-jima, reliée à la terre par un pont en bois rouge long de 250 mètres. Frais de passage : 200 yens, pfff, saletés de touristes va ;-) Mais ça vaut le coup.

japon matsushima pontFukuura-jima

Alors que je m’apprête à traverser le pont, j’entends des « Sumimasen, sumimasen… Excuse me ??? ». Un groupe de touristes veut que je les prenne en photo. On en profite pour papoter quelques instants.
« Are you travelling alone ? »
Vi,vi ma bonne dame, toute seule comme une grande fi-fille. Les japonais sont épatés par mon « audace ». Il faut avouer que le concept du voyage sans guide ni groupe est relativement inconnu des japonais. Le cliché du bus remplis de japonais n’est pas qu’un cliché, c’est aussi une réalité. Pour les japonais, chaque chose a sa place. Lorsque vous voulez retirer de l’argent, vous allez à la banque. Lorsque vous voulez envoyer une lettre, vous allez à la Poste. Et lorsque vous voulez voyager, vous allez à l’agence de voyages. Point barre, c’est aussi simple que cela. Ça ne leur viendrait pas à l’esprit de voyager seul, puisqu’il y a des gens dont le métier est d’organiser votre voyage.
« Where do you come from ? France ? Oh I know France, Paris ! »
Soupir réprimé de ma part. Paris ce n’est pas la France, et la France n’est pas Paris… M’enfin bref, après tout moi aussi je ne suis qu’une touriste visitant les trucs pour touristes, donc j’acquiesce avec un sourire.

Passé cet intermède, j’arrive donc sur l’île de Fukuura-jima, un peu à l’écart de la foule. La végétation est jolie, un sentier fait le tour de l’île, et passe par un très beau jardin recouvert de cerisiers en fleurs. Nouvelle pause photo. La vue sur la baie à travers les pins est superbe. Des petites plages entourent l’île, c’est l’occasion d’aller enfin tremper les pieds dans l’Océan Pacifique !

japon matsushima cerisier fleurs sakura cherry blossoms

japon matsushima Fukuura-jima

japon matsushima Fukuura-jima

japon matsushima Fukuura-jima panorama

Après un long moment passé de ce havre de paix, je reviens à la terre ferme. C’est l’heure d’aller déjeuner. La spécialité de Matsushima : les huîtres. Bof, bof. J’opte pour un truc « au hasard » dans une boutique, qui s’avère être des beignets de poissons. Pas mauvais, mais un peu écœurant à la longue.

Je passe ensuite devant le pavillon Kanran-tei, où on sert du thé vert. Puis vient la principale attraction de Matsushima, en dehors des paysages : le Zuigan-ji, un des plus beaux temples zen de la région du Tohoku. On y accède par une longue allée bordée de hauts cèdres et de bouddhas. Le temps semble s’être arrêté dans ce jardin. On n’a pas le droit de faire des photos à l’intérieur (tant pis pour vous chers lecteurs ;-)) On visite le temple, en chaussettes bien sûr.

japon matsushima Zuigan-ji allée

japon matsushima Zuigan-ji

japon matsushima Zuigan-jia

A ce propos je me suis faite un peu rabrouée par un garde, car j’avais mis un pied sur un caiboti, pensant bêtement que c’était là qu’il fallait enlever les chaussures. Ben non, loupé, justement c’est pile-poile avant, ce caiboti marque justement la limite à ne pas dépasser.
« American ? » me dit le garde.
« No, French… Excuse me. Sumimasen. »
Mon sumimasen est accepté par le garde, ouf ça va, je peux admirer l’intérieur du temple, composé de grandes salles, avec des belles fresques dorées. Un petit musée à côté rassemble des œuvres d’art.

Une fois ressortie du temple et du jardin, je suis happée à nouveau par la foule et les vendeurs criant dans tous les sens. Je pars chercher un peu de calme sur la petite île de Ojima, abritant de nombreuses sculptures bouddhistes dans la roche. La vue sur la baie est magnifique en cette fin d’après-midi. Malheureusement le temps se couvre en quelques minutes, les nuages deviennent menaçants : il est l’heure de rentrer !

japon matsushima Ojima Fukuura-jima

japon matsushima Ojima Fukuura-jima

japon matsushima Ojima sculptures bouddhistes

japon matsushima Ojima panorama

En conclusion, malgré les touristes, Matsushima est vraiment un superbe endroit ! A noter qu’à de très rares exceptions près, les touristes ne sont que japonais, le lieu est peu fréquenté des autres nationalités. La foule est nombreuse sur les quais, mais les îles sont beaucoup plus tranquilles, couvertes d’une superbe végétation, et respirent la zen-attitude nipponne.

Le reste des photos est dans l’album photo du Japon.

Suite des aventures japonaises

par *V* ~ Samedi 18 avril 2009

Petit compte-rendu de la semaine…

Lundi, j’ai enfin pris un peu de temps pour m’installer : suite et fin des courses de première (ou seconde^^) nécessité, achat une batterie de casseroles pour cuisiner de succulentes spécialités locales (ou pas locales d’ailleurs…). C’est comique le supermarché en japonais. J’achète à vue de nez, sans vraiment savoir ce que c’est. Je cuisine à vue de nez également. Et même quand je mange le truc en question, je ne suis toujours pas capable de dire ce que c’est ;-) Enfin en général ce n’est pas mauvais et ça me fait rire, c’est l’essentiel. Toujours lors des courses, j’ai longuement hésité devant les paquets de lessive. Est-ce vraiment de la lessive ou de la poudre pour lave-vaisselle ? Après passage dans la machine, il semblerait que mes vêtements n’aient pas trop changé de couleur. Ouf, j’ai fait une bonne pioche. De même j’ai longuement hésité sur le produit vaisselle : produit pour vaisselle ou pour WC ? Mystère… Mon estomac étant toujours intact après plusieurs vaisselles, il semblerait là encore que je ne me sois pas trompée. Re-ouf !

En mode super débrouille, j’ai également réussi à trouver un vélo. Seul hic, j’habite sur une colline, et l’université est située sur une autre colline. Les trajets vont me muscler les mollets, je vais être imbattable en randonnée l’été prochain ! Une chose super agréable est que le Japon est un pays où le risque de vol de vélo est faible. La plupart des gens ne prennent même pas la peine de mettre un cadenas. En France, même en mettant un cadenas à un vieux vélo de ville tout rouillé, je ne compte même plus le nombre de vélos que je me suis fait faucher !

Niveau boulot, j’ai passé l’intégralité des journées de lundi, mardi et mercredi à faire du polissage (opération particulièrement monotone et inintéressante, consistant à frotter inlassablement un bout de métal sur des papiers abrasifs, jusqu’à ce que l’échantillon soit lisse comme un miroir…). Pfiou, c’était bien la peine de faire 10 000 km pour ça !
Heureusement jeudi et vendredi, les choses sérieuses ont débuté. J’ai commencé à utiliser la super-machine qui me permettra d’avoir des supers-échantillons pour faire des supers-observations sur un super-microscope. Sauf que je ne suis pas la seule à vouloir utiliser cette super-machine en question. Résultat, obligée de rester jusqu’à 23h au labo jeudi, et 20h vendredi. On n’a rien sans rien n’est-ce pas !

Il a plu presque toute la semaine, on n’a pas pu profiter des cerisiers en fleurs, qui commencent déjà à se faner… C’est trop pô juste !
Vendredi on a re-fêté Hanami avec plusieurs laboratoires de l’université. Malheureusement, vu la pluie, on a été obligé de se rabattre sur un buffet à l’intérieur. Dommage pour les cerisiers, mais encore une fois c’était copieux et très bon !

Samedi : Après une semaine de pluie, le soleil est enfin revenu. C’est l’occasion d’aller photographier les dernières fleurs de cerisiers restantes, et de se balader dans le centre-ville de Sendai. Le Japon : paradis du shopping, et enfer de la carte bancaire ! Je n’ai pas pu résister d’aller faire un petit tour au Yodobashi… Mais je me suis retenue quand même. Bilan des courses :
- Une bandoulière d’appareil photo, à la fois beaucoup plus confortable et plus discrète que la bandoulière d’origine de mon appareil (je hais les bandoulières où la marque apparaît en grosses lettres, ça fait vraiment gros touriste qui étale ses richesses…). Bin oui, si vous voulez que je vous ramène des zolies photos, il faut protéger mon petit cou qui supporte le poids de l’appareil à longueur de journée.
- Un capuchon d’objectif avec ficelle anti-perte (marre de ne pas savoir quoi faire de ce capuchon à chaque photo). Pas de bol, c’est le bon diamètre mais il tient mal en place. Tant pis, pour l’équivalent de 2,50 euros il ne fallait pas trop en demander…
- Un étui pour iPod, pour pouvoir écouter discrètement de la musique pendant les longues heures de polissage au boulot (cf 2 paragraphes au-dessus).
Ça va, j’ai été raisonnable, non ? J’ai ramené quelques photos des cerisiers en fleurs ainsi que de Sendai.

Cliquez sur les photos pour les agrandirjapon cerisier fleurs sakura cherry blossoms

japon cerisier fleurs sakura cherry blossoms

Petite précision : NON je ne suis pas en mode déprime à traîner dans les cimetières ! Je trouvais simplement joli le contraste entre les tombes sombres, et les couleurs du cerisier. Et puis à vrai dire, c’est un des rares cerisiers que j’ai croisé ayant encore plein de couleurs. Alors on fait avec ce qu’on trouve, hein ;-)

japon sendai station gare

japon sendai station gare

japon sendai station gare

Quelques photos en plus sont dans l’album photo du Japon.

Japon : Hanami

par *V* ~ Lundi 13 avril 2009

Hanami est un terme relativement intraduisible, signifiant “admirer les cerisiers en fleurs” de préférence en pique-niquant ! C’est une véritable coutume, les japonais y sont très attachés. Dès fin mars – début avril, toute la population suit avec attention les nouvelles de la floraison, qui commence au sud pour remonter progressivement dans les îles les plus au nord du pays. Il existe des tas de cartes du Japon sur Internet et à la télévision, qui sont mises à jour quotidiennement pour indiquer les nouveaux arbres en fleurs.

A Sendai, les fleurs ont commencé à sortir timidement jeudi, et avec la chaleur de ces 2 derniers jours, les cerisiers étaient en pleine floraison samedi. Il était donc grand temps de fêter Hanami.

Samedi, les collègues m’ont emmenée à un site situé une grosse heure de Sendai en voiture (près de Shiroishi et Ogawara, entre Sendai et Fukushima – tous à vos mappemondes), connu pour être un des plus beaux sites de cerisiers (« sakura ») du Japon. En effet, des allées de cerisiers s’étalent de part et d’autre d’une rivière, sur plusieurs kilomètres. Évidemment, un tel spot attire la foule… On s’est baladé un petit moment sous les fleurs, puis d’autres collègues du labo nous ont rejoint. On a alors étalé la « traditionnelle » grande bâche bleue en plastique, sur laquelle on s’est assis sans chaussures of course, propreté japonaise oblige. Puis on a déballé les provisions pour un régiment. Sushis, makis, sashimis, et plein d’autres choses dont j’ignore le nom… Tout le monde a une nouvelle fois salué ma tenue des baguettes. Il paraît que je les tiens même mieux que la moyenne de la population japonaise. La classe ! Contrairement aux repas de midi de la semaine, on a pris notre temps pour manger et déguster toutes les spécialités. On a ensuite fait un tour de parole, où chacun s’est à nouveau présenté, a expliqué ses hobbies etc. Finalement, le temps commençant à se couvrir, on est rentré en milieu d’après-midi.

Cliquez sur les photos pour les agrandirjapon cerisier fleurs sakura cherry blossoms

japon cerisier fleurs sakura cherry blossoms

japon cerisier fleurs sakura cherry blossoms

japon cerisier fleurs sakura cherry blossoms

Dimanche, la météo étant assez mitigée, je suis restée tranquillement à me balader dans Sendai. Pas trop fait de photos, désolée, ciel gris oblige ;-(

japon sendai restaurant

japon sendai rue

Le reste des photos est dans l’album photo du Japon.

Premiers jours au Japon

par *V* ~ Vendredi 10 avril 2009

Ouf, la folie des premiers jours étant passée, j’ai enfin le temps d’écrire quelques lignes et de poster les premières photos !
Voici donc le journal de ces premières journées japonaises.

Lundi : Après une bonne nuit de sommeil, histoire de récupérer du décalage horaire et de remettre mon horloge interne à l’heure du pays, direction boulot ! Et oui, ici pas de temps à perdre. Mon chef me présente les autres doctorants et jeunes chercheurs du laboratoire. On est tous dans un grand bureau genre « open space » assez sympa. Par contre globalement le niveau d’anglais est bas, donc je n’arrive pas à communiquer avec tout le monde (ou alors certains ont honte de leur niveau donc n’osent pas parler). En revanche, les gens avec qui je papotte sont vraiment très sympas, très accueillants, extrêmement serviables, à tel point que j’en suis presque gênée ;-)
Je file à la banque ouvrir un compte, accompagnée de mon « traducteur » non-officiel (un gentil stagiaire japonais très affairé). La file d’attente est monstrueuse, 2 ou 3 heures à patienter au minimum. Du coup on prend un ticket, on repart à l’université, et on revient dans l’après-midi. Après être passée par de multiples guichets, et après avoir choisi mon code secret sous le nez de tous les employés (vive la confiance japonaise !), je détiens enfin la précieuse carte et le chéquier (en japonais of course… ne me demandez pas de remplir un chèque ;-) ).
Dans l’après-midi, les collègues m’expliquent comment prendre les principales lignes de bus entre la Tohoku University International House (chez moi, quoi) et le campus. Ils sont visiblement un peu affolés de me voir partir toute seule dans le bus. Ils m’ont donc imprimé tous les plans possibles et imaginables, et l’un d’entre eux m’a même accompagnée dans le premier bus jusqu’à ma correspondance… Avec ça, pas moyen de se perdre !

Mardi : LA tuile ! Après seulement 24h de bons et loyaux services, mon adaptateur électrique me lâche. Après avoir passé 1 ou 2 h à essayer de le réparer, des collègues m’ont emmenée au Yodobashi, THE magasin d’électronique de Sendai. Un truc de fou, immense sur 2 étages, où on trouve tous les modèles possibles et imaginables d’ordinateur, télévision, appareil photo, cafetière, réfrigérateur, jeux vidéos… Il y a même des télescopes et des petits microscopes (pour un peu, j’en ramènerai bien un en souvenir !). Pendant qu’une collègue qui m’accompagnait en profitait pour regarder les cadres numériques, j’ai bavé devant les objectifs d’appareils photos, ils ont tout ou presque ce qui existe, au moins une centaine de trépieds en démonstration, plein d’accessoires… Malheureusement pour mon banquier, je vais pouvoir très facilement retrouver ce magasin puisqu’il est juste sous la gare… Ça sent le flambage de carte bleue, il va falloir me menotter pour ne pas que j’y retourne ;-)
Après cela on est allés déjeuner à la cafétéria, j’en ai profité pour déployer mes talents dans le maniement des baguettes. Tout allait très bien jusqu’à ce que je m’attaque aux œufs brouillés. Allez donc saisir un truc difforme tout mou entre deux baguettes… J’ai réduit l’œuf en bouillie, pas un seul morceau n’a voulu arriver jusqu’à la bouche. Bref, j’ai encore des progrès à faire. Mais il paraît que je me débrouille quand même mieux que la moyenne des japonais, j’ai même été citée en exemple à un collègue qui tient ses baguettes n’importe comment. A défaut d’impressionner les collègues par mon boulot, je les impressionne par ma tenue de baguettes, c’est déjà ça, on fait comme on peut ;-)

Mercredi : Entre les billets de train et les courses premières nécessité, l’argent file vite, j’ai déjà dépensé les yens que j’avais fait changer avant de partir de France. Je pars donc à la recherche d’un distributeur. Premier essai : marche pô. Deuxième essai, un distributeur pourtant marqué « international card » : marche toujours pô. Coup de stress !!! Finalement, selon les conseils du Lonely Planet, j’ai été à la poste. All in japanese of course… On a connu plus pratique, mais ça marche, ouf. A part cela, rien de très passionnant.

Jeudi : Le mois d’avril correspond au début de l’année scolaire ici, au Japon. Aujourd’hui nous avons donc eu une réunion où tout le monde s’est présenté, en japonais of course. J’ai fait ma maligne en sortant un magnifique « Konnichiwa gozaimasu, Watashi wa V dess » (Bonjour, je m’appelle V. – traduction détaillée à la fin du post pour ceux que ça intéresse). Avec l’accent siouplé (ou pas…). Et tout le monde a fait « Oooooooh » en croyant que je parlais japonais. J’ai continué par un « sorry, the rest of my presentation will be in English ». Eclat de rire général. Au moins j’ai amusé la galerie. Sinon plus sérieusement on a parlé boulot, j’ai présenté une partie de mes résultats de thèse et je devrais commencer à faire vraiment ce pour quoi je suis venue à partir de demain.

Hier il caillait mais aujourd’hui il faut super beau et chaud, plein de fleurs de cerisiers sont sorties dans la journée. Le cerisier qui est en bas du bâtiment était en boutons ce matin, et en fleurs ce soir. Du coup on a prévu un petit repas/pique-nique pour fêter ça ce week-end, car la floraison ne dure que quelques jours.

Cliquez sur les photos pour les agrandirjapon cerisier fleurs sakura cherry blossoms

japon cerisier fleurs sakura cherry blossoms

japon cerisier fleurs sakura cherry blossoms

japon cerisier fleurs sakura cherry blossoms

* Traduction :
- Konnichiwa signifie bonjour, ou bonne après-midi plutôt
- gozaimasu c’est la marque de respect (sans prononcer le u à la fin, un peu comme le e final en français). Donc LE truc qu’on entend 50 fois par jour à toutes les sauces ;-)
- Watashi : je, moi, le mien, mon.. bref le possessif quoi.
- dess c’est l’auxilaire avoir ou être
- wa c’est juste un « truc » qu’on met avec l’auxiliaire.
Je progresse, je progresse !
japon kao content

Quelques photos en plus sont dans l’album photo du Japon.

Les 24h du Japon

par *V* ~ Lundi 6 avril 2009

6h30 : Dring, le réveil sonne, il est l’heure de se réveiller après une nuit plutôt courte

7h : Emballage de tout le bazar de dernière minute

7h30 : Arrivée ma môman qui va s’occuper de mon appartement et de ma tuturre en mon absence. J’ai droit au lot de recommandations habituelles ponctuées de remarques plus ou moins subtiles comme quoi j’ai encore besoin de ma mère à mon âge et patati et patata…

8h : Départ de la maison

8h30 : Arrivée à l’aéroport. Pour la première fois depuis plusieurs années, nous n’avons ni crevé un pneu, ni eu d’accident de voiture en cours de route. C’est suffisamment incroyable pour être remarqué !

8h45 : Je me mets dans la file pour retirer mon billet. Ce n’est plus une file, c’est carrément un pèlerinage vers les machines tellement il y a de monde.

10h30 : Décollage. Et c’est parti !

12h : Arrivée à Francfort – transfert en navette

12h15 : Dodo en salle d’attente

14h : Décollage du bon gros Boeing 747 plein d’asiatiques en mal de sushis ;-) Manger – dormir – écouter de la musique – regarder un film – re-manger – re-dormir…

J+1, 1h du matin (8h heure locale) : arrivée à Tokyo après 13 heures de vol depuis l’Allemagne et près de 15 heures en tout. Rebelote, une file d’attente monstrueuse pour le passage de la frontière, on a cru tous tomber dans les pommes. Récupération de tout mon barda, puis arrivée dans le hall de l’aéroport. C’est là que ça commence à devenir intéressant ;-)

J+1, 2h30 (9h30 heure locale) : Voyons, il faut que je rejoigne la gare pour prendre le shinkansen (TGV), et pour cela prendre un train-navette. Donc acheter les billets de navette, et puis ceux du train tant que j’y suis. A nouveau une file d’attente monstrueuse au guichet. Finalement comme j’ai de la monnaie, une gentille japonaise m’aide à prendre mes billets directement à la machine automatique, histoire de gagner du temps. Hum, je ne suis pas certaine d’avoir eu le tarif le moins cher, mais passons. J’ai donc 2 trains à prendre mais 3 tickets. Super pratique comme système. Au milieu de tout le charabia écrit sur le ticket, j’arrive à repérer les numéros correspondants aux horaires, aux wagons et aux places.

J+1, 2h35 (9h35 heure locale) : Premier essai de passage du portillon automatique. Marche pas. Deuxième essai avec un autre ticket. Marche toujours pas. Troisième essai… bon un japonais prend pitié de moi et insère deux tickets en même temps. Miracle, ça marche.

J+1, 2h40 (9h40 heure locale) : Coup de téléphone à mon chef japonais pour lui transmettre mon horaire d’arrivée. Comique, le téléphone en anglo-japonais.

J+1, 2h45 (9h45 heure locale) : Embarquement dans le train-navette.

Cliquez sur les photos pour les agrandir…
japon narita express

J+1, 3h45 (10h45 heure locale) : Débarquement dans la gare de Tokyo. Immense, démesurée, monstrueusement énorme, je ne trouve pas assez d’adjectifs pour la qualifier. C’est là qu’il faut compter sur le coup de bol qui vous fera tomber pile-poile devant le bon panneau. Sinon on peut y errer pendant des heures, tellement il y a de lignes de métro, de trains, d’étages…

J+1, 4h (11h heure locale) : Je repère un panneau « Tohoku », c’est le nom de la région où je vais. Arf, mince pas de bol, c’est aussi le nom d’une ligne de métro.

J+1, 4h02 (11h02 heure locale) : Tiens, un autre panneau Tohoku, c’est peut-être le bon cette fois-ci. Re-galère pour savoir quels tickets insérer pour débloquer le portillon.

J+1, 4h03 (11h03 heure locale) : Arrivée sur le quai de la gare. Reste plus qu’à trouver mon wagon. Evidemment je me trompe de sens, ce n’est qu’arrivée au bout du train que je m’aperçois que je suis totalement à l’opposée.

J+1, 4h05 (11h05 heure locale) : Sprint pour remonter toute la longueur du train, un peu de sport ne fait jamais de mal, même après une nuit blanche, une journée de décalage horaire, et 20 kg de bagages à traîner.

J+1, 4h05 (11h06 heure locale) : Je trouve enfin mon wagon, et me place devant la porte, au ras du quai, prête à rentrer. Mais pourquoi, diable, y a-t-il un lot de japonais derrière moi, me regardant d’un air désapprobateur, tous rangés en file indienne le long de traits dessinés sur le sol ??? Aaaaah c’est vrai, ici on est poli et bien discipliné : les japonais font la queue sagement pour rentrer. Premier arrivé sur le quai, premier rentré dans le train. Évidemment, comme une occidentale mal élevée, j’ai voulu doubler tout le monde. Pfff, ces français, j’vous jure.

J+1, 4h07 (11h07 heure locale) : Ouf ça y est je suis à bord… Il était moins une, le train part une minute plus tard, avec une ponctualité digne d’une horloge suisse.

japon gare tokyo

J+1, 4h10 (11h10 heure locale) : Je suis l’attraction du train, pensez-vous, une occidentale toute seule sur cette ligne ça ne doit pas arriver tous les jours. Une petite mamie me montre du doigt en chuchotant à l’oreille de son mari. On traverse Tokyo, les cerisiers sont déjà en fleurs là-bas, ça a l’air superbe.

japon tokyo

japon tokyo

J+1, 6h15 (13h15 heure locale) : Arrivée à Sendai.

J+1, 6h20 (13h20 heure locale) : Re-re-galère pour repasser le portillon de sortie. Décidément j’ai des progrès à faire de ce côté-là.

J+1, 6h25 (13h25 heure locale) : Je cherche mon chef du regard. Essayez donc de reconnaître un japonais au milieu d’une gare remplie de japonais, vous verrez si c’est facile. Finalement un homme s’avance vers moi souriant, bon ça doit être lui ;-)

J+1, 6h45 (13h45 heure locale) : Il m’emmène dans sa voiture. Mince j’avais oublié qu’au Japon on roule à gauche, j’ai essayé de monter côté conducteur…

J+1, 7h (14h heure locale) : Passage au labo pour récupérer les clés de ma Student Room. Ici on met des pantoufles pour rentrer dans le bâtiment, même pour 1 minute, même si vous avez pourtant sorti vos plus belles Converses encore bien blanches. Mon chef croise un collègue ; ils engagent la conversation en japonais. Au bout de quelques minutes, ils reculent chacun d’un pas et saluent très bas, un véritable plongeon ! Je reste droite comme un i à côté, embarrassée et ne sachant que faire… Pas mon truc, la révérence, je me contente d’un signe de tête et d’un sourire.

J+1, 7h30 (14h30 heure locale) : Après 24h de voyage à quelques minutes près, j’arrive dans mon chez-moi japonais. Ouf, enfin. Une bonne vieille chambre étudiante, un peu moche, un peu sale, un peu inconfortable mais peu importe. Mon chef est adorable, il a pensé à me prêter une couette, un oreiller, et quelques produits de première nécessité.

J+1, 8h (15h heure locale) : Sieste. Enfin !

J+1, 10h (17h heure locale) : Douche. Enfin (bis) !

J+1, 10h30 (17h30 heure locale) : Mon chef passe me prendre pour dîner avec sa famille dans un resto japonais authentique. Un vrai de vrai, pas un truc pour touristes ! On mange dans des petits boxes séparés, avec une table au ras du sol (en chaussettes of course, propreté oblige), menu écrit tout en japonais (c’est rigolo de choisir au hasard, à la tête des signes écrits…), baguettes (j’ai fait quelques boulettes sur ce point, j’ai appris qu’une extrémité servait pour se servir dans les plats, et l’autre pour manger… ben moi j’ai tout fait avec la même extrémité, comme une vraie occidentale pas hygiénique du tout ;-) mais il paraît que je me débrouille bien…), des choses dans l’assiette donc vous ignorez le nom, et vous êtes à peine capable de dire si c’est d’origine végétale ou animale… J’ai aussi goûté au gyutan, la langue de bœuf (en général grillée), spécialité de Sendai. Enfin bref, c’était extrêmement sympathique. J’ai encore été l’attraction du resto avec ma tête d’européenne.
Et mon chef n’a quand même pas pu s’empêcher de parler boulot entre deux sushis. Il veut m’envoyer en conférence à Tokyo le mois prochain. Well why not, surtout si c’est tous frais payés ;-)

J+1, 13h (20h heure locale) : Retour au home-sweet-home. Dodo, enfin (ter) !